REFUS DES EVALUATIONS CE1

samedi 23 mai 2009
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Sur fond de la suppression des RASED, de la suppression de deux heures d’enseignement par semaine, de la fin de la formation des enseignants, du fichage des enfants par Base élèves et du nouveau fichier sur le retard scolaire, de l’application des nouveaux programmes rétrogrades et élaborés sans concertation,…

Ces évaluations de CE 1, qui débuteront le 25 mai (et dont les livrets sont déjà en ligne !), ne serviront qu’à valider l’aide personnalisée. Ce ne sont pas des évaluations formatives, juste un classement des élèves : ceux « en grande difficulté scolaire »,

ceux devant faire « l’objet d’une attention particulière », ceux dont les savoirs sont « à consolider » et ceux qui ont réalisé une « bonne performance ». Et des enseignants… Et des écoles entre elles.

Laissons parler le Recteur de Créteil :

« L’exploitation de l’évaluation CM 2 est précieuse, d’une part pour déterminer les élèves prioritaires pour cette aide supplémentaire et, d’autre part, pour définir les contenus de ces stages, qui se dérouleront à raison de trois heures par jour, pendant 5 jours. »

« Un observatoire académique des pratiques d’enseignement sera mis en oeuvre afin d’analyser l’efficacité des pratiques dans les écoles de l’académie. » (Propos tenus le 31 mars 2009)

Il n’y a pas de raison pour que les propos tenus ici pour les évaluations CM2 ne concernent pas les évaluations CE1.

Pour se défendre, le ministère nous garantit l’anonymat des remontées de résultats. Mais que dire alors quand, pour les orientations en EGPA (les anciennes SEGPA) en fin de CM 2, les résultats des enfants doivent être apportés ?

Que dire aussi quand, en réunion de directeurs, une conseillère pédagogique demande aux directeurs les livrets d’évaluation des enfants concernés par les stages de remise à niveau ? Que dire aussi des résultats publiés par académie sur Internet ? Enfin, nous savons que les résultats vont être rentrés dans base élèves, par le biais du
nouveau livret scolaire informatique, du fichier sur le retard scolaire et des interconnexions grâce à l’INE, numéro unique d’identifiant élève.
Nous appelons donc les conseils des maîtres à discuter des modalités de résistance à mettre en place : du boycott au refus de faire remonter les résultats.

Et à débattre à nouveau avec les parents d’élèves.

Nos organisations syndicales (CGT, CNT et SUD) soutiendront pleinement tous les collègues qui résisteront et seront à leurs côtés en cas de pression de l’administration.

Souvenons-nous aussi de la position prise par Mr Jouault, IA du 94, lors des évaluations CM 2 : il nous avait assuré qu’il ne prendrait pas de sanction envers les enseignants qui ne feraient pas remonter les résultats.

Et, si certains inspecteurs, conseillers pédagogiques, voire directeurs(trices), vous certifient que vous êtes les seuls à résister, rappelons que, par la bouche de Mr Nembrini, directeur général de l’enseignement scolaire, 553 263 résultats d’élèves de CM2 sur 700 000, ont été remontés, soit 20 % de résultats bloqués !!

Quel est le sens pédagogique de ces évaluations, à l’heure de la suppression des RASED et de l’aide aux enfants en difficulté ?
Elles sont un des aspects de la casse de l’école publique et de la stigmatisation des élèves, de leurs familles et des équipes enseignantes.

La FCPE 94 refuse les évaluations de CE1 inscrites dans la logique, non
éducative et dangereuse, de celles de CM2, et partie intégrante des réformes Darcos. Elle soutiendra les enseignants qui résisteront.

Créteil, le 14 mai 2009