Pour l’autonomie de la jeunesse

mercredi 28 février 2007
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L’UNEF, l’UNL et la FCPE estiment que la question de l’autonomie de la jeunesse doit être au cœur du débat public, notamment à l’occasion des élections présidentielle et législatives. La mise en place d’un statut social de la jeunesse constitue une nécessité, pour répondre à la crise sociale et à la crise générationnelle que connaît notre pays, où les jeunes générations ont des conditions de vie dégradées par rapport à celles de leurs propres parents et grands-parents.

Aujourd’hui, la jeunesse est le seul temps de la vie qui ne fait l’objet d’aucune reconnaissance institutionnelle, d’aucun statut. Elle se situe dans un entre-deux, entre enfance et âge adulte, indéfini et flou en termes de responsabilité et d’autonomie financière.

Si, pendant longtemps, la jeunesse a été perçue comme un âge privilégié, la situation a profondément changé. Période fondamentale de la vie, durant laquelle chacun devrait avoir les moyens d’élaborer ses propres choix de vie, de faire des expériences, de se chercher, de construire un rapport équilibré avec sa famille, la jeunesse est aujourd’hui devenu un temps de dépendance et de précarité. De plus en plus de jeunes vivent aujourd’hui dans la rue tandis que d’autres cumulent des « petits boulots » pour subvenir à leurs études universitaires, voire scolaires.

Il est urgent de changer les règles du jeu en matière d’aide sociale et de permettre ainsi à chaque jeune, qu’il soit en formation ou en insertion, d’accéder à un statut social. Ce statut est aujourd’hui une nécessité sociale qui doit se substituer au système d’aide actuel à la fois injuste, illisible et inefficace.

Sur cette question l’UNEF, l’UNL et la FCPE, attendent que, dans les prochains mois, des discussions puissent s’ouvrir afin de permettre la mise en place d’un statut social de la jeunesse. L’autonomie de la jeunesse, loin d’être une remise en cause de la politique de la famille, en est au contraire un élément central pour faciliter l’entrée dans l’âge adulte.

L’UNEF, l’UNL et la FCPE seront ainsi vigilantes à ce que leurs revendications ne soient pas déformées par les candidats aux différentes élections. Refusant toute forme de marketing politique, les trois organisations interviendront dans la campagne pour faire connaître leurs propositions pour les jeunes et leur famille.

Les puissantes expressions de colère de ces derniers mois l’ont montré, les jeunes ne veulent plus être une variable d’ajustement des politiques publiques, ils entendent faire l’objet d’une reconnaissance à part entière et être reconnus pour ce qu’ils sont : de jeunes citoyens en formation ou en insertion.
Paris, le 28 février 2007